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La berbérine en Algérie ne date pas d’hier. Avant que les gélules importées n’arrivent dans les pharmacies algériennes, les plantes qui contiennent cette molécule poussaient déjà dans les forêts et montagnes du pays. Elles s’y trouvent encore. Voici un état des lieux complet et précis.
L’épine-vinette (Berberis vulgaris), plante la plus riche en berbérine dans le bassin méditerranéen, fait partie de la flore algérienne indigène. Des études botaniques de l’Université Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou et de l’Université Abderrahmane Mira de Béjaïa documentent sa présence dans au moins 14 wilayas du nord et du nord-est du pays.
Les médecins arabes et berbères utilisaient ses racines et ses baies depuis le Xe siècle pour traiter la fièvre, les infections digestives et les affections cutanées. Ce que la science moderne a analysé comme l’action de la berbérine sur les bactéries et le métabolisme, les guérisseurs traditionnels algériens l’avaient observé empiriquement bien avant.
C’est l’espèce la plus commune et la plus riche en berbérine. Son écorce de racine jaune contient entre 4 et 6 % de berbérine selon les analyses réalisées en Algérie (Laboratoire de Phytochimie, Université de Constantine). Elle pousse dans les zones boisées entre 600 et 2 000 mètres d’altitude. Ses baies rouges acidulées sont comestibles et utilisées dans certaines recettes kabyles.
Berberis hispanica est une espèce endémique du Maghreb et de la péninsule ibérique. Plus petite que Berberis vulgaris, elle pousse dans les maquis et garrigues du Tell. Sa teneur en berbérine est légèrement inférieure (3 à 5 %), mais sa distribution est plus large, y compris dans des zones semi-arides.
Berberis numidica est une espèce décrite spécifiquement pour le Maghreb. Elle se trouve dans les régions du nord-est algérien, notamment dans les forêts de chêne-liège de Souk Ahras et d’El Tarf. Son nom “numidica” fait référence à la Numidie, ancien nom de la région nord-algérienne.
Les herboristeries algériennes (haouanet al-achab) des grandes villes (Alger, Oran, Constantine, Béjaïa, Tizi Ouzou, Sétif) proposent régulièrement l’écorce de racine d’épine-vinette séchée, connue sous le nom d’aghriss en kabyle ou amberebris en arabe algérien. Le produit se présente sous forme de petits bâtonnets ou d’écorce fragmentée, de couleur jaune vif à jaune-orangé caractéristique.
Les marchés traditionnels d’épices, présents dans chaque ville algérienne d’importance, stockent les plantes médicinales séchées locales. Demandez l’écorce de berbéris (قشرة البربيريس) ou directement l’aghriss. Les vendeurs spécialisés en plantes médicinales (attars) connaissent généralement la plante et ses usages.
Pour ceux qui habitent ou fréquentent les zones montagneuses, l’épine-vinette se reconnaît facilement à ses feuilles pointues groupées en rosettes et à ses baies rouges en grappes. L’écorce de racine, récoltée en automne ou au début du printemps, présente une teinte jaune-orangé vive à la coupe. Attention : assurez-vous d’avoir une identification botanique certaine avant toute récolte.
Le marché algérien des compléments alimentaires à base de berbérine a évolué depuis 2020. Plusieurs produits importés circulent, notamment des extraits standardisés à 97 % de chlorhydrate de berbérine conditionnés en gélules à 500 mg.
Ces produits se trouvent dans certaines pharmacies des grandes villes, dans les magasins de produits naturels et diététiques, et sur les plateformes de commerce en ligne algériennes. Avant tout achat, vérifiez que le produit précise sa teneur en berbérine (idéalement 95 à 97 % de chlorhydrate de berbérine) et indique un fabricant identifiable avec certification.
Les baies de l’épine-vinette sont présentes dans certains plats traditionnels du nord de l’Algérie. Dans la cuisine kabyle, les baies séchées d’aghriss parfument certains tajines d’agneau et des préparations à base de figues. Leur saveur acidulée agit comme un substitut naturel du citron.
La confiture de baies d’épine-vinette (mrabbat aghris) était préparée traditionnellement dans les foyers de Kabylie et des Aurès, notamment pour ses propriétés digestives consommées après les repas lourds.
La berbérine provenant de plantes sauvages algériennes et la berbérine extraite des compléments alimentaires importés agissent via le même mécanisme. Mais les doses sont très différentes : une tisane d’aghriss apporte 50 à 150 mg de berbérine par litre, contre 500 mg par gélule pour un complément standardisé.
Les personnes sous traitement médical (particulièrement pour le diabète, les problèmes cardiaques ou sous antibiotiques) doivent consulter un médecin avant de consommer de la berbérine sous quelque forme que ce soit. La molécule interagit avec plusieurs médicaments courants.
