L’effet de la cannelle de Ceylan sur la glycémie est l’un des axes de recherche les plus actifs sur cette épice. Les résultats sont réels mais nuancés : certaines études montrent un effet net, d’autres ne trouvent aucune différence significative. Voici une synthèse honnête.
Plusieurs mécanismes expliquent l’effet potentiel de la cannelle sur la glycémie. Le cinnamaldéhyde et les polyphénols (en particulier les proanthocyanidines de type A) activeraient les récepteurs à l’insuline et amélioreraient la translocation des transporteurs GLUT4, facilitant l’entrée du glucose dans les cellules musculaires. Une étude in vitro publiée dans le Journal of the American College of Nutrition (2001) attribue également à ces composés une activité insulinomimétique directe sur les cellules adipeuses.
L’étude fondatrice de ce domaine, publiée dans Diabetes Care (2003) par Khan et al., porte sur 60 patients diabétiques de type 2 traités pendant 40 jours avec 1, 3 ou 6 g de cannelle par jour. Les trois groupes montrent une réduction de la glycémie à jeun de 18 à 29 %, des triglycérides de 23 à 30 % et du cholestérol LDL de 7 à 27 %, sans différence significative entre les doses utilisées.
Une méta-analyse publiée dans Annals of Family Medicine (2013) regroupant 10 essais cliniques et 543 patients confirme une réduction de la glycémie à jeun de 24,59 mg/dL en moyenne avec la consommation de cannelle.
D’autres essais cliniques ne confirment pas cet effet. Une étude publiée dans Diabetes Care (2006) sur 79 patients ne montre aucune différence significative sur l’HbA1c après 90 jours de supplémentation. Ces résultats contradictoires s’expliquent en partie par des différences d’espèces de cannelle utilisées (Ceylan vs Cassia, rarement précisé dans les études anciennes), de dosage et de durée de traitement.
Une méta-analyse plus récente publiée dans Journal of Medicinal Food (2011), regroupant 6 essais randomisés contrôlés, conclut à une réduction significative de la glycémie à jeun (en moyenne -15,4 mg/dL) mais sans effet significatif sur l’HbA1c à long terme. Cette nuance est importante : la cannelle semble influencer la glycémie ponctuelle plus que le contrôle glycémique global mesuré sur plusieurs mois.
Les protocoles les plus concluants utilisent 1 à 6 g de cannelle par jour, répartis en 2 à 3 prises, pendant au moins 40 jours. Avec la cannelle de Ceylan, spécifiquement, et compte tenu de sa teneur en coumarine négligeable, ces doses peuvent être maintenues sur le long terme sans risque hépatique, contrairement à la Cassia où une telle dose quotidienne et prolongée dépasserait largement la dose journalière tolérable de coumarine.
